🐶 Voici LEWIS, Cavalier King Charles de 4 ans. Il est suivi pour des symptômes neurologiques 🧠 et digestifs.

Très vite après son adoption, Lewis s’est mis à se gratter de manière compulsive, sans raison apparente. Avec le temps, ses propriétaires ont remarqué des problèmes de type comportemental, une fatigue excessive à l’effort physique et une démarche peu assurée. Lewis souffre d’anxiété de séparation et ne supporte pas de rester seul à la maison. Ses nuits sont souvent agitées.
Lors des promenades, il trébuche régulièrement et sa patte avant gauche racle de temps en temps le sol lorsqu’il marche.
Le plus flagrant, ce sont les démangeaisons. Lewis se gratte en moyenne entre 1 et 6x par minute et cela pratiquement en permanence durant la journée !
De plus, Lewis a pratiquement toujours présenté une grande sensibilité au niveau digestif (vomissements fréquents, sensibilité forte si changement alimentaire, …)

Tous ces symptômes sont très évocateurs d’une syringomyélie ou syndrome de type Chiari.
Il s’agit d’une affection neurologique héréditaire due à une malformation congénitale. C’est une malformation du cervelet qui a tendance à « glisser » par le foramen magnum créant une occlusion partielle et une perturbation de l’écoulement du liquide cérébro-spinal (LCS), liquide transparent dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière, qui passe par ce foramen magnum.
Le Cavalier King Charles est prédisposé à cette maladie. Les signes cliniques apparaissent entre l’âge de 6 mois et 10 ans.

Les symptômes présentés peuvent être (d’absence à intensité +/- importante selon les chiens) :

  • Hypersensibilité et/ou douleur au niveau du cou (cervicalgie)
    Les chiens affectés peuvent être hypersensibles aux caresses, se grattent souvent de manière « fantôme », sans contact cutané, l’épaule, le nez, l’oreille ou le sternum. Certains se frottent la tête, d’autres vocalisent sans raison ou chassent des mouches imaginaires
  • Prurit cervico-facial (= sensation de démangeaison de la peau au niveau du cou et de la face)
  • Scoliose et/ou torticolis
  • Ataxie (= manque de coordination dans les mouvements) ou parésie (paralysie partielle ou légère
  • Convulsions parfois

Une étude de 2007 montre que seulement 35 % des chiens affectés par cette maladie montrent des signes cliniques.

Évolution :

L’évolution de la maladie est variable. Stable pour certains pendant que d’autres chiens voient leur état se détériorer lentement d’année en année.

Diagnostic :

L’examen de choix pour confirmer le diagnostic est l’IRM (examen assez coûteux que n’a pas subi Lewis)

Traitement :

Médecine conventionnelle :

  •  Traitement médical : effet bénéfique temporaire, fait régresser les signes cliniques mais n’en prévient pas la progression
    > Anti-inflammatoires, anti-douleurs
    Objectif : Diminution de la douleur
    > Diurétiques
    Objectif : Diminution de la production du liquide céphalo-rachidien
    Les résultats sont souvent peu satisfaisants
  • Traitement chirurgical : très coûteux, peu accessible à l’heure actuelle et récidives de cervicalgie possibles après l’intervention, préconisé lorsque la douleur n’est plus contrôlée médicalement ou que les déficits neurologiques sont très marqués
    > Craniotomie sub-occipitale : pour élargir le foramen magnum
    > Dérivation pour permettre au liquide céphalo-spinal de s’écouler par une autre voie

Médecine alternative/holistique :

  • Acupuncture :
    > Action sur la douleur ou l’hypersensibilité (fibres nerveuses spinothalamiques souvent lésées dans cette pathologie)
    > Action sur l’anxiété souvent présente et exacerbée par la perturbation de l’écoulement du liquide cérébro-spinal qui peut entraîner des conséquences sur le comportement du chien : anxiété de séparation, peurs de nature non sociale, sensation de douleur, peurs des étrangers, hyper-attachement, excitabilité, …
  • Phytothérapie :
    > Action sur la douleur ou l’hypersensibilité (plantes diurétiques ou drainantes afin de diminuer la production de LCS)
    > Action sur le comportement (plantes apaisantes, sédatives et/ou anxiolytiques)
    > Action sur les symptômes présentés (en lien ou non avec la syringomyélie). En effet, les chiens souffrant de cette pathologie souvent anxieux ont souvent une digestion fragile (plantes favorisant la digestion) 
     

Pronostic :

Cette pathologie est liée à une malformation présente à la naissance et est assez imprévisible quant à son évolution qui est très variable d’un chien à l’autre. Il est donc impossible de se prononcer sur l’évolution des symptômes de Lewis.

Discussion :

L’objectif, dans de le cas de Lewis, est de lui apporter un confort maximal et améliorer sa qualité de vie. Ses symptômes sont présents et gênants mais pas suffisamment marqués pour justifier une prise en charge lourde (chirurgie). Aucun traitement médical n’a été testé à ce jour (corticoïdes, anti-inflammatoires , anti-douleurs ou diurétiques) mais ses propriétaires souhaitent tester une approche plus naturelle et respectueuse pour l’organisme de Lewis. Ils ont conscience que l’origine des symptômes est très probablement une malformation présente depuis la naissance et qu’aucun traitement miracle n’existe pour corriger ce type de problème.
Néanmoins, il est convenu de traiter par différentes thérapies alternatives sur une période de 6 mois.
Il s’agit d’un test thérapeutique. Il n’est pas exclu qu’au terme des 6 mois d’accompagnement, si les résultats sont jugés insuffisants, de recourir à un traitement allopathique/chimique. Le but est avant tout de soulager Lewis !
Son état actuel nous permet de nous donner ce recul de 6 mois pour évaluer la réponse clinique aux traitement proposés et de choisir la thérapie qui lui conviendra le mieux.

 

➡ PLAN DE TRAITEMENT pour LEWIS  :

Sur l’accompagnement de 6 mois, les thérapies sélectionnées sont :

1) 🍽 Nutrition : calcul de ration ménagère et sélection de menus adaptés (ingrédients, composition des repas, quantités des aliments, etc.). Une alimentation équilibrée est une base indispensable pour une santé optimale. Les croquettes données jusqu’ici, trop riches en glucides notamment, ont tendance à affaiblir le terrain et la fonction digestive de Lewis. A long terme, un affaiblissement de ce type peut avoir tendance à favoriser un état inflammatoire chronique et parfois l’émergence de certaines pathologies.

2) 💊 Micronutrition : probiotiques
L’objectif est d’optimiser la fonction digestive, indispensable à l’assimilation des nutriments de l’alimentation. Une bonne assimilation permet au corps de fonctionner à son plein potentiel. Les probiotiques sont prescrits à Lewis pour accompagner sa transition alimentaire des croquettes vers une alimentation ménagère faite maison.

3)📍 Séances d’acupuncture : action sur les symptômes neurologiques (hypersensibilité, démengeaisons, …), les perturbations comportementales (anxiété de séparation), correction des déséquilibres présents dans les méridiens (Rate et Estomac chez Lewis).

4) 🌿 Phytothérapie : prescription d’un mélange de plantes sélectionnées spécifiquement. La cible principale est la réduction de l’anxiété et des démangeaisons provoquées par la maladie. 
Millepertuis : prescrite pour les troubles comportementaux, activité anxiolytique, stimulation de la sécrétion de la mélatonine et possède également une activité antalgique
Griffonia : riche en 5-HTP, précurseur de la sérotonine (« neuromédiateur de la sérénité »), activité sédative, inductrice de sommeil, effet antalgique (plante utilisée lors de fibromyalgie chez l’homme)
Passiflore : a également une activité sédative, anxiolytique et analgésique. De plus, elle a une activité antispasmodique musculaire, c’est-à-dire qu’elle relâche les tensions musculaires
L’association de ces 3 plantes permet une activité synergique et renforce les effets recherchés.
Mucuna : activité dopaminergique c’est-à-dire améliore les fonctions motrices, diminue les stress oxydatifs subis par certains neurones et stimule indirectement la synthèse de dopamine (neuromédiateur « starter/démarreur ») qui permet d’avoir le dynamisme et la vitalité pour la journée

 

SUIVI :

Le traitement a commencé début juin 2020.
Après la première semaine de traitement, Lewis semble plus apaisé. Il bouge moins la nuit. Il a tendance à se gratter un peu moins.
Aujourd’hui, il entame sa transition alimentaire et va recevoir sa 3e séance d’acupuncture prochainement.
Je mettrai l’article à jour pour vous tenir informer de l’évolution de Lewis. L’apaisement observé, même discret et encourageant après seulement aussi peu de temps et j’espère de tout cœur pouvoir obtenir plus de résultats sans recourir à des traitements plus agressifs.

A suivre …