🌱🌿🌲🍀🍁🌳🍃 Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de plantes ! 🌱🌿🌲🍀🍁🌳🍃
Une des mes passions dans les médecines alternatives est d’étudier et utiliser les plantes et leurs propriétés pour prescrire des traitements uniques et personnalisés à chacun de mes patients. J’utilise actuellement plus de 40 plantes différentes. Imaginez le nombre de combinaisons possibles !

Pour illustrer comment je travaille avec elles en phytothérapie, rien de mieux que de prendre un exemple.

Je vais donc vous parler de VONESSE, 🐴 jument de 9 ans qui souffre de douleurs ovariennes.
Elle présente les symptômes suivants : irritabilité, agressivité envers son cavalier pendant le pansage, réaction de défense à la jambe pendant les séances de travail, émission fréquente d’urine et fouaillements de la queue intempestifs. Son cavalier a également remarqué une raideur du dos et une difficulté à l’incurvation sur les cercles. Il diminue naturellement l’intensité et le nombre de séances de travail durant ces périodes.

Ces symptômes se rencontrent particulièrement à l’arrivée du printemps lorsque les jours se rallongent, ce qui déclenche généralement les cycles ovariens de la jument.
Les perturbations que ce changement provoque sont très variables d’une jument à l’autre. Pour certaines, aucun symptôme n’est observé, pour d’autres les manifestations sont très fortes et parfois permanente  :

  • Changements de comportement :
    sautes d’humeur, vocalises, tendance à la fuite, irritabilité voire agressivité (morsures, ruades)
  • Manifestations physiques :
    fouaillements de la queue, émission fréquente de jets d’urine qui leur donne le surnom de « jument pisseuse », sensibilité dans la région des flancs, raideur au travail
  • Signes cliniques :
    allant d’une baisse de performances à la survenue d’une dorsalgie, d’une colique ou d’une boiterie dans certains cas

Je n’ai pas choisi ce cas clinique par hasard.
En effet, la gynécologie dépend particulièrement d’un équilibre hormonal délicat intimement lié lui-même à un équilibre complexe entre nombreux autres organes, l’environnement, le stress au sens large du terme, le climat émotionnel, l’alimentation, etc. Il en résulte des interactions subtiles et donc des symptômes propres à chaque individu. C’est également pour cette raison qu’il est important de prescrire un traitement unique à chaque jument.

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La phytothérapie permet de s’adapter à cette individualité et est particulièrement intéressante dans ce type de problème. Chaque plante est choisie pour ses actions multiples et sa synergie avec les autres plantes sélectionnées.
Dans ce cas, plusieurs cibles sont visées comme l’illustre l’image :

  1. Système nerveux central et stress au sens large du terme présenté
  2. Hypophyse : glande endocrine responsable de la synthèse de nombreuses hormones dont la LH et la FSH qui agissent sur les ovaires
  3. Ovaires : organes reproducteurs qui secrètent eux aussi certaines hormones
  4. Douleur

Pour Vonesse, 3 plantes ont été sélectionnées :

  • VALÉRIANE
    Système nerveux central et Stress : sédative et anxiolytique pour apaiser

    Douleur : myorelaxante et spasmolytique utile pour lutter contre les contractures musculaires douloureuses et spasmes des muscles lisses, parfait pour la dorsalgie présente chez Vonesse
  • ALCHÉMILLE
    Ovaires : plante lutéotrope, c’est-à-dire qu’elle favorise le corps jaune et sa sécrétion

    Hypopyse et Hormones : action « progesteron-like », permet d’harmoniser le cycle ovarien
    Douleur : contient des acides phénols de type acide salicylique (proche de l’aspirine) et du quercétol (action anti-inflammatoire)
  • GATTILIER
    Système nerveux et Stress : action sédative
    Hypophyse et Hormones : anti-oestrogène et anti-androgène
    Ovaires  anti-prolactine avec une action sur le corps jaune
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Dans cet exemple, j’ai volontairement abordé uniquement la partie phytothérapeutique. Mais, pour compléter la prise en charge des douleurs ovariennes, l’acupuncture est également une alliée précieuse dans cette approche holistique. J’aime également utiliser les bourgeons et jeunes pousses (gemmothérapie) pour affiner encore un peu plus le traitement prescris. Dans le cas de douleurs ovariennes, les jeunes pousses de framboisier sont très intéressantes. Elles permettent de réguler la fonction ovarienne et l’équilibre oestrogènes-progestérone, ont une action anti-spasmodique, régulent le système neurovégétatif et ont une action apaisante sur les intestins.

Pour terminer, je voulais attirer votre attention sur le fait qu’il est important de faire examiner votre jument par un vétérinaire, surtout en cas de symptômes persistants. Il pourra pratiquer un examen gynécologique complet et prescrire les examens complémentaires nécessaires (échographie abdominale, dosages hormonaux, …) pour exclure toute pathologie grave de l’ovaire nécessitant des soins allopathiques et/ou chirurgicaux. Il existe malheureusement des cas de tumeurs ovariennes, par exemple, qui provoquent les mêmes types de symptômes.